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 Prier en faveur d'une personne décédée...

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AuteurMessage
ffm




MessageSujet: Prier en faveur d'une personne décédée...   30/7/2017, 18:52



     ssssss      


Prier en faveur d'une personne décédée...
Question:

Lorsqu'un(e) musulman(e) décède, qu'a t on le droit de faire pour lui ?

Peut-on par exemple implorer la


Par ailleurs, peut-on envoyer pour un(e) défunt(e) les récompenses des actes de bien que nous faisons ?

Réponse:


Il est non seulement permis maispréconisé d'implorer le pardon, la grâce et la miséricorde d'Allah en faveur des personnes qui sont décédées.


C'est d'ailleurs ce que nous faisons tous durant la prière mortuaire qui est accomplie pour nos défunts...


Il y a aussi de nombreuses références qui mentionnent des invocations qui ont été faites (ou conseillées) par le Prophète Mouhammad SAW  (sallâllâhou alayhi wa sallam) ou des Compagnons (radhia Allâhou anhoum), après le décès d'un(e) musulman(e).



En voici quelques unes :
- Quand le Prophète Mouhammad SAW  (sallâllâhou alayhi wa sallam) avait fermé les yeux de Abou Salma radia Allahou anhou (radhia Allâhou anhou) après sa mort, voici l'invocation qu'il avait faite en sa faveur:



"Mon Dieu, pardonne à Abou Salma radia Allahou anhou (radhia Allâhou anhou) et place-le à un rang élevé, parmi ceux qui ont été guidés. Sois son remplaçant auprès des membres de sa famille qui sont demeurés en vie, pardonnes-nous ainsi qu'à lui, Ô Maître des mondes, et fais de sa tombe un endroit spacieux et lumineux." (Mouslim)



- Oummé Salma  anha  (radhia Allâhou anha) rapporte du Prophète Mouhammad SAW  (sallâllâhou

alayhi wa sallam): "Quand vous êtes en présence du malade ou du mort, n'invoquez que le bien car les anges disent "Âmine" à tout ce que vous dites." (Mouslim)



- Aïcha anha  (radhia Allâhou anha) rapporte ces propos du Prophète Mouhammad SAW  (sallâllâhou

alayhi wa sallam): "Chaque fois qu'un groupe d'une centaine de musulmans assiste à la prière d'un (musulman) défunt et que chacun d'eux intercède pour lui, l'intercession est toujours acceptée." (Mouslim)


- Il est rapporté par Abdoul Rahmân Ibné Awf radia Allahou anhou (radhia Allâhou anhou) que le Prophète Mouhammad SAW  (sallâllâhou alayhi wa sallam) récitait l'invocation suivante lors de la prière mortuaire: "Mon Dieu, pardonne-lui, fais-lui miséricorde, accorde-lui Ton pardon et montre-Toi indulgent à son égard. Accueille-le avec bienveillance, fais de sa tombe une demeure spacieuse et purifie-le en usant de l'eau, de la neige et de la grêle. Purifie-le de ses fautes ainsi que Tu purifies une tunique blanche de la souillure. Accorde-lui en échange une demeure meilleure que la sienne, un conjoint meilleur que le sien et introduis-le au Paradis. Préserve-le du châtiment de la tombe et du feu infernal." (Mouslim)
- Ousmân radia Allahou anhou (radhia Allâhou anhou) rapporte que Prophète Mouhammad SAW  (sallâllâhou

alayhi wa sallam), lorsqu'on avait fini d'enterrer un mort, se tenait près de sa tombe et disait: "Demandez pardon pour votre frère et demandez à Allah de l'affermir car en ce moment même on l'interroge." (Abou Dâoûd)



- Abou Houraïra radia Allahou anhou  (radhia Allâhou anhou) rapporte ces propos du Prophète Mouhammad SAW  (sallâllâhou alayhi wa sallam): "Quand l'homme vient à mourir, ses œuvres cessent à

l'exclusion de trois d'entre elles: une aumône dont le profit demeure, une science dont les fruits sont encore perceptibles ou un enfant pieux qui invoque (Allah) en sa faveur." (Mouslim)



G6



Tous ces éléments montrent clairement qu'il est du devoir du musulman et de la musulmane d'implorer Allah  en faveur des frères et sœurs décédées.



Il s'agit là en quelque sorte d'une intercession de notre part en leur faveur, acte que le Prophète Mouhammad SAW  (sallâllâhou alayhi wa sallam) a lui même fortement encouragé.


Par ailleurs, lorsqu'on implore Allah  en faveur du défunt, on doit toujours demander ce qu'il y a de meilleur, c'est à dire qu'il soit préservé du châtiment de la tombe, qu'il soit pardonné, gracié et admis au paradis sans avoir jamais à goûter au châtiment de l'enfer.



Par ailleurs, il y a unanimité entre les savants qu'il est permis d'offrir les récompenses des aumônes à une personne défunte.


Cet avis unanime repose notamment sur le Hadith suivant : Aïcha anha  (radhia Allâhou anha) rapporte qu'un homme demanda au Prophète Mouhammad SAW  (sallâllâhou alayhi wa sallam) : "Ma mère est morte subitement et il me semble que si elle avait pu parler elle aurait fait une aumône. Aura-t-elle une récompense si je fais une aumône à sa place ?"

- "Oui", répondit le Prophète Mouhammad SAW  (sallâllâhou alayhi wa sallam). (Boukhâti et Mouslim)


Il est également possible de faire parvenir à une personne défunte les récompenses du pèlerinage, comme l'indique le Hadith suivant: Ibné Abbâs radia Allahou anhou (radhia Allâhou anhou) rapporte qu'une femme de la tribu des "Djouheïna" vint vers le Prophète Mouhammad SAW  (sallâllâhou alayhi wa sallam) et dit: "Ma mère avait fait le vœu d'accomplir le pèlerinage et elle est morte sans le faire. Puis-je l'accomplir de sa part ?" Le Prophète Mouhammad SAW  (sallâllâhou alayhi wa sallam) dit en ce sens: "Fais le. Dis-moi , si ta mère avait une dette, aurais-tu payée celle-ci ? Acquittez-vous en. Allah est le plus en droit à cela." (Boukhâri)



En ce qui concerne les autres bonnes actions purement physiques telles que la prière, le jeûne et la récitation du Qour'aane, les savants divergent sur la question de savoir si on peut ou non offrir la récompense de ces actes à une personne décédée...


Un grand nombre de savants (notamment ceux de l'école hanafite, hambalite et une partie des châféites et des mâlékites, notamment ceux des générations suivantes) sont d'avis qu'il est tout à fait permis de lefaire.


Pour la Salât, ils se basent sur cette Tradition: Un homme demanda: "Ô Envoyé d'Allah, j'avais des parents envers qui je me comportais bien quand ils étaient vivants. Comment puis-je continuer à bien agir envers eux après leur mort ?"



Le Prophète Mouhammad SAW  (sallâllâhou alayhi wa sallam) dit en ce sens: "Parmi le bon comportement après la mort, il y a le fait que tu accomplisses des Salâhs pour eux, en sus de tes prières, et que tu jeûnes pour eux, en sus de tes jeûnes." (Dâr Qoutniy)



Pour le jeûne, cela est évoqué dans le Hadith suivant: Ibné Abbâs radia Allahou anhou (radhia Allâhou anhou) rapporte, qu'une fois, un homme vint rencontrer le Prophète Mouhammad SAW  (sallâllâhou alayhi wa sallam) et lui dit: "Ô Messager d'Allah, ma mère est décédée et elle avait encore un mois

de jeûne à faire. Puis-je le faire de sa part ?"

Le Prophète Mouhammad SAW  (sallâllâhou alayhi wa sallam) lui demanda: "Si ta mère avait laissé une dette, l'aurais-tu remboursée pour elle ?" Il répondit par l'affirmative.


Le Prophète Mouhammad SAW  (sallâllâhou alayhi wa sallam) dit alors: "La dette (qu'elle a envers) Allah est plus en droit d'être acquittée." (Boukhâri et Mouslim)


Pour la récitation du Qour'aane, il existe au moins deux Traditions, qui sont cependant qualifiés de "Dhaïf" (faibles).


Sur ce point précis, les savants ont surtout établi leur avis par analogie par rapport à ce qui a été évoqué pour les autres bonnes actions: Comme il est possible d'envoyer les récompenses de ces œuvres pies pour le défunt, il en est de même pour la récompense liée à la récitation du Qour'aane. A noter que certains savants précisent qu'il convient de faire suivre la lecture du Qour'aane d'invocations dans lesquelles on implore Allah pour qu'il fasse parvenir le mérite de ce qui a été lue à la personne décédée.


D'autres savants (tels que l'Imâm Ach Châféi  radia Allahou anhou  . et l'Imâm Mâlik  radia Allahou anhou  ainsi que les juristes de leur école respective) sont d'avis qu'on ne peut faire parvenir à une personne décédée les récompenses de la Salât, du jeûne ou la récitation du Qour'aane. Ibné Qayyim radia Allahou anhou  mentionne, dans son excellent

ouvrage intitulé "Ar Roûh", de nombreux arguments tirés du Qour'aane et des Hadiths ainsi que des arguments rationnels qui sont présentés de la part des savants qui sont de cet avis. Cependant, il s'attache ensuite à répondre de façon méthodique et brillante à chacun de ces arguments.



(Réf: "Al Fiqh oul Islâmiy", "Fiqh ous Sounnah", "Al Moughniy", "Ar Roûh")

Wa Allâhou A'lam !

Et Dieu est Plus Savant !

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ffm




MessageSujet: Re: Prier en faveur d'une personne décédée...   30/7/2017, 18:56

      ssssss      

Accomplir un acte cultuel pour un défunt (النيابة عن الميّت) - Offrir au défunt la récompense d'un acte cultuel (إهداء الثواب)...


Question :



Le verset du Coran qui dit : "N'a-t-il pas été informé de ce qu'il y a dans les feuillets de Moïse et de Abraham – celui qui a tenu sa promesse – qu'aucune âme ne portera le fardeau d'une autre, que l'homme n'aura que ce à quoi il se sera efforcé, et que son effort sera vu [le jour du jugement] puis qu'il en sera rétribué pleinement ?"
(Coran 53/36-41) ,  
montre que l'homme n'obtiendra que les bonnes actions qu'il aura acquises et non celles d'autres personnes que lui. Pourquoi dit-on alors qu'on peut offrir à un frère défunt la récompense de certaines actions (comme la récitation du texte du Coran), ou même accomplir certaines autres (comme le pèlerinage) à la place d'un frère défunt ?
-
Réponse :

Déjà il faut dégager deux grandes catégories...

A) Il y a d'une part ce qui découle d'un "investissement" de la personne pendant qu'elle était en vie (mâ tassabbaba ilayh il-mayyitu fî hayâtih) :

Il s'agit de ce que l'homme défunt avait réalisé d'"investissement devant lui rapporter à long terme" (cf. Tafsîr Ibn Kathîr 4/227). 


Relève de ce cas de figure ce que le Prophète a décrit comme étant une "sadaqa jâriya" (Muslim 1631) : il s'agit d'une "aumône continue" réalisée par la personne de son vivant : par exemple un puits qu'elle a fait creuser charitablement et dont les humains ou les animaux profitent toujours après sa mort ; un dispensaire qu'elle a créé et auquel elle a donné un legs ; etc. Relève également de ce cas de figure ce que le Prophète a ainsi évoqué : "une connaissance dont (les gens) tirent profit" (Muslim 1631). Ici votre question ne se pose pas, car il est évident qu'il s'agit bien de ce que l'homme aujourd'hui défunt avait acquis durant son vivant, la seule différence étant que ces actions confèrent un rapport continu dans le temps, lequel rapport perdure donc au-delà de la mort de cet homme...

-
B) Et puis d'autre part il y a ce qui découle de l'action d'autres personnes en faveur du défunt (mâ yaf'aluhu-l-ghayru li-l-mayyit) :

A l'intérieur de cette seconde catégorie, plusieurs types existent :

B.a) Régler une dette du défunt ;
B.b) L'invocation adressée à Dieu en faveur du défunt (du'â' ul-hayyi Allâha li fâ'ïdat-il-mayyit)


par exemple Ahmad dit à Dieu : "O Dieu, accorde Ton pardon à mon défunt père, à Untel, à Untel" ;

B.c) L'offre, par le vivant, de la récompense d'une action au défunt (ihdâ' uth-thawâb)


par exemple Ahmad récite un passage du Coran puis dit à Dieu : "J'offre la récompense de cette récitation à mon défunt père" ;

B.d) L'action faite par le vivant en place du défunt (niyâba)


par exemple Ahmad accomplit la pèlerinage à la Mecque pour son défunt père qui, lui, n'avait pu l'effectuer parce que, bien que possédant les moyens financiers pour le voyage et le séjour dans les lieux saints ainsi que pour l'entretien de ceux dont il avait la responsabilité, il n'était pas suffisamment en bonne santé pour pouvoir accomplir le voyage et les rites du pèlerinage.
-
Quelques notes à propos de chacun de ces points :
Le point B.a est évident
:


 une dette d'argent constitue un devoir lié au paiement d'une somme à un autre homme, et l'objectif de cet autre homme est d'être payé ; le fait que ce soit quelqu'un d'autre que le débiteur qui règle la dette n'importe donc pas vraiment. Ainsi, Qatâda se chargea d'acquitter en place d'un défunt la dette de deux pièces d'or que celui-ci avait à son passif, et le Prophète approuva cela (rapporté par Ahmad, Shar'h ul-'aqîda at-tahâwiyya, p. 668).

Le point B.b est également clair : il s'agit non pas d'une offre de récompense d'une action à un défunt, ni de l'accomplissement d'une action à la place du défunt, mais d'une demande qu'une personne adresse à Dieu en faveur du défunt : elle Lui demande de lui accorder Son Pardon, ou le Paradis. Dieu accepte la demande ou ne l'accepte pas, mais la personne ne Lui a adressé qu'une demande : la responsabilité individuelle par rapport aux actions n'est ici pas questionnée. Le Prophète a dit à des Compagnons, à propos d'un musulman venant d'être enterré  : "Demandez pour votre frère le pardon, ainsi que la constance (sur la foi) ; car il est en train d'être questionné" (Abû Dâoûd 3221). 


On peut ainsi invoquer Dieu en faveur des autres musulmans décédés, comme on peut L'invoquer à propos de n'importe quel humain (rappelons qu'on ne peut pas demander à Dieu d'accorder Son Pardon / le Paradis à qui a quitté ce monde sans avoir apparemment la foi que Dieu agrée : cliquez ici).

Par contre, pour ce qui est des cas B.c et B.d, la question se pose effectivement : Croire que cela est possible ne contredit-il pas le principe de la responsabilité individuelle enseignée par le Coran ?

En fait il faut savoir qu'il y a des textes qui évoquent clairement le cas B.c (c'est-à-dire l'offre de récompense) :
---
A propos de l'aumône : 


à un homme venu lui demander : "Ma mère est morte subitement, sans avoir fait de testament. Je pense que si elle avait parlé elle aurait fait l'aumône. Aura-t-elle une récompense si je fais l'aumône de sa part ?", le Prophète répondit : "Oui" (al-Bukhârî 1388, Muslim 1004). Un cas voisin s'est produit avec Sa'd ibn 'Ubâda (voir al-Bukhârî 2756, Abû Dâoûd 2882). Un homme vint voir le Prophète et lui dit :


"Mon père est décédé en laissant des biens mais sans avoir fait de testament ; si je fais l'aumône de sa part, cela effacera-t-il ses péchés ? Oui" (Muslim 1630).

--- A propos du sacrifice rituel d'un animal lors de la fête d'Abraham : le Prophète offrit deux animaux et dédia la récompense de l'un d'eux à sa Umma : "O Dieu, celui-ci est pour toute ma Umma : ceux qui témoignent que Tu es unique et que j'ai transmis le message" (Ahmad, cité en note de bas de page sur Shar'h ul-'aqîda at-tahâwiyya, pp. 671-672).

D'autres textes évoquent le cas B.d (la possibilité de faire un acte en place de quelqu'un d'autre) :
---
A propos du jeûne : "Celui qui meurt alors qu'il devait des jeûnes, que son parent jeûne pour lui" (al-Bukhârî 1952, Muslim 1147). 

"Ma mère est morte alors qu'elle avait fait le vœu (de jeûner et elle n'a pas pu honorer ce vœu). Jeûnerais-je à sa place ? – Si ta mère avait contracté une dette et que tu la réglais à sa place, cela l'acquitterait-elle de cette dette ? – Oui. – Eh bien jeûne à sa place"
 (Muslim 1148).

--- A propos du pèlerinage : un homme vint voir le Prophète et lui dit : "Mon père est mort sans avoir accompli le pèlerinage. Ferais-je le pèlerinage de sa part ? – Si ton père avait contracté une dette, l'acquitterais-tu à sa place ? Oui. – Eh bien la dette qu'on a vis-à-vis de Dieu mérite plus qu'on l'acquitte" (an-Nassâ'ï 2639).

Tous les sunnites ont, même à propos de ces deux cas B.c et B.d, gardé comme règle générale l'idée du verset coranique que vous avez cité, et ont considéré que les cas où il était possible d'offrir la récompense ou bien d'accomplir un acte à la place de quelqu'un d'autre constituaient, par rapport à cette règle générale, des exceptions, car englobant de légères différences par rapport aux autres cas.

Ils ont cependant divergé quant au détail de ces exceptions et de ces différences.

Déjà il faut dire que le consensus (ijmâ') des ulémas est relaté à propos :

– du fait qu'un musulman ne peut pas accomplir la prière rituelle (salât) à la place d'un d'autre (Fat'h ul-bârî 4/90),
– et du fait qu'un fils peut offrir la récompense d'une aumône à son défunt parent (Ibn Kathîr a relaté le consensus à propos de l'offre de la récompense par un musulman, quel qu'il soit : Tafsîr Ibn Kathîr 4/227. Cependant ash-Shawkânî a écrit que cette possibilité d'offrir la récompense de tout acte cultuel concerne le fils seulement : Nayl ul-awtâr 4/130. Le consensus ne concerne donc que l'offre de récompense par le fils, puisque le cas du musulman en général fait l'objet d'une divergence).

Pour ce qui est des autres cas de figure, ci-après les positions de deux écoles...
-

Les ulémas shafi'ites ont émis les quelques points directeurs suivants…

Le premier point est que l'exception
(par rapport à la règle générale de l'enregistrement à son actif de ses seules actions personnelles) doit rester confinée aux cas stipulés dans les textes, et ne peut donc pas être élargie à d'autres cas par analogie (Tafsîr Ibn Kathîr 4/227). 


C'est pourquoi les shafi'ites disent qu'il est impossible à un musulman de demander à Dieu d'offrir à quelqu'un d'autre la récompense d'une récitation du Coran qu'il a faite, car l'offre de récompense de la récitation du Coran n'est pas mentionnée dans les textes des deux sources.

Il semble ensuite (d'après mon humble compréhension) que chez les shafi'ites les deux notions B.c et B.d soient liées ensemble :


 l'acte dont il est possible d'offrir la récompense à une personne (B.c), il est aussi possible de l'accomplir à la place de cette personne si elle venait à en être empêchée (décès, grave maladie) (B.d). De même, l'acte qu'il est possible d'accomplir à la place de quelqu'un (B.d), il est aussi possible d'en offrir la récompense à quelqu'un (B.c).


 Ainsi, s'il est possible d'offrir la récompense d'un jeûne à un défunt, il est aussi possible d'accomplir le jeûne que le proche parent défunt a manqué (ce faisant, les shafi'ites ont appréhendé le Hadîth dans sa littéralité). (Il faut cependant noter qu'en fait deux avis coexistent au sein de l'école shafi'ite quant au fait de savoir s'il est possible d'accomplir en place de quelqu'un un jeûne obligatoire qu'il avait manqué : et l'avis qui a été retenu chez les shafi'ites est le même que chez les hanafites : nul ne peut accomplir à la place de quelqu'un le jeûne obligatoire qu'il avait manqué, il faudra payer une compensation (fidya) de sa part : Al-Fiqh ul-islâmî wa adillatuh, p. 1737.)



Le troisième point est que lorsque le défunt laisse à son passif le non accomplissement d'actions de ce genre et qu'il laisse aussi un héritage constitué de biens matériels, les héritiers devront impérativement retirer les sommes d'argent nécessaires pour accomplir ce que leur parent aurait du faire, et ce même si ce parent n'a pas fait de testament en ce sens


Ainsi, si le défunt devait payer deux compensations (fidya) parce qu'il avait manqué des jeûnes obligatoires pour cause de grave maladie, ces compensations seront payées de son legs même s'il n'avait pas de son vivant demandé qu'on le fasse : le fait est qu'il s'agit d'une dette vis-à-vis de Dieu, et, similairement à la dette que le défunt laisse vis-à-vis d'êtres humains, ce montant doit être réglé à partir du legs même si le défunt n'avait laissé aucune directive allant dans ce sens (Al-Fiqh ul-islâmî wa adillatuh, p. 1737, Al-Hidâya, 1/202, Al-Mawârîth, as-Sâbûnî, p. 35).

-
Les ulémas hanafites ont, eux, une position différente :
D'une part)
Ils n'ont pas lié ensemble les points B.c et B.d :
--- A propos du point B.d (accomplir l'acte à la place de quelqu'un d'autre, niyâba), ils ont dégagé une règle générale à partir des cas stipulés dans les sources : selon eux, pour qu'un homme puisse accomplir l'acte cultuel à la place d'une autre personne, il y a 2 conditions...

----- Il faut d'une part qu'il s'agisse d'un acte cultuel qui ne se fait pas uniquement par le moyen de gestes physiques ('ibâda badaniyya)


Car tout acte de culte qui se fait par des gestes physiques – comme la prière rituelle – ('ibâda badaniyya) ne peut pas être accompli à la place de quelqu'un d'autre, fût-il défunt. Dès lors, ces ulémas de la tradition ahl ur-ra'y n'ont pas appréhendé de façon littérale le Hadîth "Celui qui meurt alors qu'il a manqué des jeûnes, que son parent jeûne pour lui".

Primo at-Tahâwî dit que les deux Compagnons qui ont rapportés ces deux Hadîths ont émis la fatwa contrairement à ce que leur texte dit (cf. Al-Muwâfaqât 2/531 – la fatwa de Aïcha est visible dans Ahkâm ul-janâ'ïz, p. 215 ; quant à la fatwa de Ibn Abbâs, elle est visible dans Shar'h ul-'aqîda at-tahâwiyya, p. 665). Or le fait que le Compagnon ayant rapporté un Hadîth wahid ait donné une fatwa contraire à ce que la lettre de ce Hadîth dit constitue, dans l'école hanafite, la preuve que ce Hadîth a été ensuite abrogé ou bien est à comprendre dans un sens figuré.

Secundo les ulémas  hanafites ont lu ces deux Hadîths à la lumière de la règle générale précédemment évoquée : ces deux textes sont donc selon eux à comprendre comme signifiant que le parent paiera la compensation (fidya) pour les jeûnes manqués par le défunt.

Ici une question se pose : On vient de voir que les hanafites restreignent la possibilité d'accomplir un acte cultuel en place de quelqu'un qui est empêché de le faire au cas où cet acte se fait par une dépense d'argent et non par le corps. Pourtant, conformément au Hadîth relaté plus haut, les ulémas hanafites autorisent eux aussi que l'on accomplisse le pèlerinage en place de celui qui ne peut pas le faire, et a fortiori du défunt. 


Or le pèlerinage est un acte cultuel qui ne se fait pas principalement par une dépense d'argent mais par un déplacement physique ainsi que par un ensemble de gestes physiques et de formules verbales.
A cela certains hanafites répondent que le pèlerinage n'est pas un acte cultuel qui se fait par le physique seulement, mais aussi par la dépense d'une certaine somme d'argent.

Mais à cette tentative de réponse on objecte que, même si le pèlerinage se fait la plupart du temps par la dépense d'une certaine somme d'argent aussi, la dimension de l'"accomplissement par le corps" y domine largement celle de la "dépense d'argent" (ainsi que l'ont relevé certains hanafites : Shar'h ul-aqîda at-tahâwiyya, p. 672 ; voir aussi note n° 11 en bas de page de Al-Hidâya 1/276, et Radd ul-muhtâr 4/14).


 Le pèlerin qui habite la Mecque ne dépense ainsi presque rien de son argent pour accomplir le pèlerinage.

La réponse pertinente semble donc être que le pèlerinage renferme également un autre aspect que celui de l'"accomplissement par le corps", et qui s'exprime par rapport à quelque chose d'extérieur à l'homme. 


Le pèlerinage est, en même temps qu'un ensemble d'actes physiques, un témoignage de respect vis-à-vis de la Maison de Dieu (c'est pourquoi on dit que la cause de son caractère obligatoire est la Présence de la Maison de Dieu, à quoi s'ajoute l'existence de l'homme en tant que serviteur (et donc aspirant à la proximité de Dieu) : "Sababuhû : al-bayt" (Al-Hidâya, 1/212) ; "Sababu wujûbihî : wujûd ul-'abd min hayth ul-'ubûdiyya" (Ussûl ush-Shâshî, note de bas de page sur p. 101). 


Le pèlerinage ne peut donc pas être ramené à seulement un ensemble d'actes à accomplir par son être, corps et cœur – comme c'est le cas de la prière rituelle (salât) – ; étant donné qu'il constitue aussi un témoignage de respect vis-à-vis de la Maison de Dieu, il peut donc être accompli par quelqu'un en place de quelqu'un d'autre. Le sacrifice d'un animal, lui, n'est pas constitué que d'une dépense d'argent mais consiste aussi en le fait de sacrifier l'animal au nom de Dieu (ce qui constitue bien une ibâda badaniyya : cf. Shar'h ul-aqîda at-tahâwiyya, p. 671). 


Cependant, étant donné que lui aussi a pour objectif que l'animal soit sacrifié au nom de Dieu de la part de la personne, cela peut être réalisé par un autre musulman que celui de la part de qui il est sacrifié. Et ici, contrairement au cas du pèlerinage, cela peut même être fait s'il n'y a pas d'empêchement (bien que le mieux soit que ce soit la personne elle-même qui fasse son sacrifice). Il suffit que la personne fourni

----- Et il faut d'autre part que la personne soit empêchée d'accomplir elle-même cet acte cultuel (grave maladie, décès)


Dans le cas de la zakât, cependant, étant donné que l'objectif est de faire parvenir l'argent au pauvre, la personne qui est redevable de la zakât peut demander à quelqu'un d'autre de le lui remettre, même si elle-même n'est pas empêchée de le faire ; elle doit simplement fournir l'argent et avoir l'intention de s'acquitter ainsi de zakât, sinon ce ne serait pas valable (cliquez ici). 


Quant au sacrifice d'un animal, comme nous l'avons dit, cela n'est pas constitué que d'une dépense d'argent mais consiste aussi en le fait de sacrifier l'animal au nom de Dieu (ce qui constitue bien une ibâda badaniyya : cf. Shar'h ul-aqîda at-tahâwiyya, p. 671) ; s'il est quand même autorisé que, même sans empêchement, ce soit quelqu'un d'autre qui sacrifie l'animal, c'est parce que l'objectif de l'acte est que l'animal soit sacrifié au nom de Dieu, et cela peut être réalisé par un autre musulman ; il suffit que la personne fournisse l'animal et ait l'intention de le sacrifier pour l'objectif voulu.



--- Par contre, le point B.c (offrir la récompense d'un acte que l'on fait) fait chez les hanafites l'objet d'une plus grande latitude que chez les ulémas plus haut cités, puisque c'est à propos de tout acte facultatif qu'ils autorisent qu'on offre la récompense à un musulman défunt.


Ils ont ici fait une analogie (qiyâs fî ma'na-n-nass) à partir des cas mentionnés dans les textes quant à ce point B.c, en vertu de quoi ils ont autorisé que l'on offre au défunt la récompense pour une récitation du Coran, bien que ce cas de figure ne soit pas mentionné dans les textes (Shar'h ul-'aqîda at-tahâwiyya, pp. 673-674) ("Al-Aslu anna kulla man atâ bi 'ibâdatin mâ, lahû ja'lu thawâbuhâ li ghayrih"Ad-Durr ul-muktâr, avec Radd ul-Muhtâr 4/10-11). 


Cet élargissement à des cas pour lesquels ils n'autorisent pourtant pas le B.d (l'accomplissement en place de la personne), les hanafites le fondent sur le fait que le Prophète a offert la récompense du sacrifice d'un animal à toute sa Umma, alors que le sacrifice d'un animal n'est pas un acte cultuel de pure dépense (Shar'h ul-'aqîda at-tahâwiyya, p. 671).

Peut-on alors offrir la récompense d'un acte cultuel au Prophète (sur lui soit la paix) ? 


As-Subkî répond par l'affirmative, Ibn Taymiyya par la négative (Radd ul-Muhtâr 3/153, 4/11) (voir aussi Shar'h ul-'aqîda at-tahâwiyya, p. 673).

Et peut-on offrir la récompense d'un acte cultuel facultatif à un musulman vivant ? 


Ash-Shâmî cite Ibn ul-Qayyim qui, dans Ar-Rûh, a relaté une divergence sur le sujet (Radd ul-muhtâr 3/152). Ash-Shâmî a retenu l'avis selon lequel cela est possible (Ibid. 4/11).

D'autre part) Toujours par rapport au point B.d, les hanafites disent : il s'agit d'actes purement cultuels. Or la validité des actes purement cultuels nécessite l'intention (niyya) de celui qui les accomplit (lire notre article sur le sujet).


 Dans le cas de l'accomplissement d'un acte en place d'une personne défunte, l'"intention" consiste en le fait qu'elle ait, de son vivant, fait un testament : il faut que, de son vivant, elle ait demandé qu'on l'on puise dans son legs pour s'acquitter de ce qu'elle devait à Dieu (zakât). 


Au cas où elle n'avait pas fait de testament de ce genre, non seulement les héritiers ne sont pas obligés de s'acquitter de la somme d'argent voulue, mais s'ils le font cela ne sera pas valable auprès de Dieu (Muhammad ibn ul-Hassan a formulé les choses ainsi : si les héritiers choisissent d'eux-mêmes de s'acquitter de la somme voulue, il est à espérer de Dieu qu'Il déchargera la personne défunte de l'acte obligatoire qu'elle n'avait pas fait et dont cette somme constitue la compensation ("yujzîhi inshâ Allâh" : Fat'h ul-qadîr 2/363).


 Cette formulation indique bien que la règle originelle est ce que nous avons vu : sans testament, l'acquittement n'est normalement pas valide, mais si quelqu'un l'accomplit, il peut espérer que Dieu l'acceptera). C'est pour cette raison que si on veut payer soi-même le montant que quelqu'un d'autre qui est vivant (par exemple son fils) doit en zakât, il faut qu'on l'en ait informé et qu'il ait donné son accord au moins tacite.
-
Ibn Taymiyya écrit : 

"فصل: وأما "[العتق] والصدقة وغيرهما من أعمال البر فلا نزاع بين علماء السنة والجماعة في وصول ثواب العبادات المالية كالصدقة والعتق كما يصل إليه أيضا الدعاء والاستغفار والصلاة عليه صلاة الجنازة والدعاء عند قبره.
وتنازعوا في وصول الأعمال البدنية: كالصوم والصلاة والقراءة.
والصواب أن الجميع يصل إليه"
(MF 24/366).
"بل الناس على قولين:
أحدهما: أن ثواب العبادات البدنية، من الصلاة والقراءة وغيرهما، يصل إلى الميت (كما يصل إليه ثواب العبادات المالية بالإجماع). وهذا مذهب أبي حنيفة وأحمد وغيرهما، وقول طائفة من أصحاب الشافعي، ومالك. وهو الصواب لأدلة كثيرة، ذكرناها في غير هذا الموضع.
والثاني: أن ثواب البدنية لا يصل إليه بحال، وهو المشهور عند أصحاب الشافعي ومالك"
(Al-


Iqtidhâ', p. 348).
Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).


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