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  Les principes à respecter lors de la visite aux tombes

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ffm




MessageSujet: Les principes à respecter lors de la visite aux tombes   23/7/2017, 18:09

      ssssss     



Les principes à respecter lors de la visite aux tombes



Question :

Je m'interroge sur le fait de savoir si on peut se rendre sur une tombe. On me dit que c'est interdit (harâm).
Je veux bien le croire mais je n'arrive pas à m'en convaincre.
Pourriez-vous m'apporter des arguments clairs. Je vous remercie
d'avance.


-
Réponse :

Ce qu'on vous a dit est faux : en soi, le fait d'aller visiter une
tombe ne constitue pas un acte interdit. Par contre, c'est le fait
d'adresser des invocations au défunt (comme lui demander de guérir sa
maladie, etc.) qui est interdit car constituant un acte
d'associationnisme (shirk) : ceci car l'invocation (du'â) est
réservée à Dieu ; de même, sacrifier un animal au nom du défunt pour
s'attirer ses faveurs est aussi un acte de shirk. Ce genre d'actes était
et est, aujourd'hui encore, toujours pratiqué dans certaines sociétés
humaines. Ainsi, à Madagascar, pays voisin de mon île et terre natale de
mon père, un véritable culte est rendu aux ancêtres décédés… En Inde,
c'est sur les tombes des hommes pieux que sont faits invocations,
offrandes et sacrifices.
Etant donné que les tombes font parfois ainsi l'objet d'un véritable
culte, l'islam a instauré à leur sujet une série de précautions,
destinées à prévenir du risque de tomber dans cette forme
d'associationnisme.

-
A) Ce pour quoi il est institué de se rendre sur une tombe :

Se rendre sur une tombe est permis et même recommandé si l'on ne fait aucun des actes interdits que nous allons voir en B,
mais aussi si l'on n'a aucun des objectifs qui sont alors interdits.
Quels sont donc les objectifs autorisés que le musulman a en visitant
une tombe ?

A.1) Invoquer (du'â) Dieu pour qu'Il accorde Son pardon au défunt :

Ceci n'est autorisé que vis-à-vis de celui qui est mort en étant
croyant (c'est-à-dire adhérant au message du dernier messager en date).
Car la visite est une "salutation que
l'on adresse au défunt comme on adresse une salutation au vivant ; et on
invoque Dieu pour le défunt comme on L'a invoqué pour lui au moment de
l'enterrer ou juste après"
(Al-Iqtidhâ, Ibn Taymiyya, p. 301). "Il est recommandé, quand on se rend près d'une tombe, de saluer son habitant et de prier Dieu pour lui" (Ibid.,
p. 300). Ceci est en effet ce que le Prophète faisait : il se rendait
au cimetière de Médine, en saluait les occupants et invoquait Dieu pour
leur pardon (Muslim, 974). Le Prophète a dit : "Chaque
fois qu'un homme se rend sur la tombe d'un homme qu'il connaissait en
ce monde et le salue, Dieu rend son âme au défunt afin qu'il réponde à
son salut"
(authentifié par Ibn 'Abd il-barr, Al-Iqtidhâ, p. 301). On peut même, lorsqu'on invoque alors Dieu dans un cimetière, lever les mains : le Prophète a invoqué Dieu en levant trois fois ses mains quand il était au cimetière de Médine (Muslim, 974), ce que an-Nawawî décrit comme ayant été fait pour invoquer Dieu (Shar'h Muslim). Cependant, il faut alors le faire en étant tourné vers la qibla et non vers la tombe.

-
A.2) Se
rappeler que la mort est une réalité qui concerne tout le monde (son
tour viendra aussi et il faut donc préparer sa mort en apportant la foi
correcte et en faisant les bonnes actions)
:


En effet, le Prophète (sur lui la paix) a dit : "Je vous avais interdit de visiter les tombes. Maintenant visitez-les ; elles rappellent la mort" (Muslim, 976).

S'il s'agit de la tombe de quelqu'un qui est apparemment mort sans la
foi en Dieu et en le message du dernier messager en date, il faut noter
qu'il est permis de visiter sa tombe avec cet objectif A.2 seulement et non avec l'objectif A.1 (Al-Iqtidhâ, pp. 302-303) .

En général on ne cite que ces deux objectifs à la visite des tombes.
Cependant, apparemment il existe encore les deux autres objectifs
suivants...

-
A.3) Peut-être y a-t-il aussi la visite pour se souvenir du défunt, ou pour exprimer sa tristesse d'être séparé de lui ?

Le fait est que le Prophète a
dit avoir demandé à Dieu la permission de Lui demander pardon en faveur
de sa mère, décédée non-musulmane (polythéiste précisément) et n'en
avoir pas obtenu l'autorisation, par contre avoir demandé la permission
de visiter sa tombe et de l'avoir obtenue ; lors de la visite à cette
tombe, le Prophète pleura, faisant pleurer ceux qui étaient autour de
lui
(Muslim, 976). Peut-être que cette visite que le
Prophète fit à la tombe de sa maman eut comme objectif non seulement de
revivifier en soi la réalité de la mort mais également – et ce sans
demander pardon à Dieu pour elle – de se remémorer la personne de la
défunte et sa proximité vis-à-vis de lui pendant la vie terrestre. En
somme de témoigner d'un sentiment humain de compassion.
En effet, l'objectif A.2 – revivifier la réalité de la
mort – peut être atteint par la visite de n'importe quelle tombe, et la
volonté du Prophète de rendre visite à la tombe de sa maman semble avoir
eu comme motivation quelque chose d'un peu plus particulier, peut-être
ce sentiment ?
Le fait est que Ibn ul-Qayyim a cité, comme objectifs autorisés lors de
la visite à une tombe, le fait de se souvenir de l'au-delà, et celui de
prier Dieu en faveur du défunt ; mais il a cité aussi "le fait de ne pas le délaisser longtemps" ; "car comme lorsqu'on rend visite à un vivant il est content de cette visite, cela est vrai à plus forte raison pour le défunt" (Ighâthat ul-lahfân, p. 142 – 1/337 dans l'édition que je possède).

-
A.4) Il semble exister aussi un autre objectif, qui est d'honorer le défunt :

Le fait est que Dieu a dit au Prophète à propos des Hypocrites (ceux
dont on savait qu'ils n'étaient pas musulmans bien qu'ils le disaient) :
"Et ne prie (la prière du défunt) sur aucun d'entre eux qui meurt, et ne te tiens pas debout sur sa tombe. Ils n'ont pas cru en Dieu et en Son Messager, et sont morts en étant incroyants" (Coran 9/84).
Cependant, d'un autre côté, nous venons de voir que le
Prophète a reçu de Dieu la permission de se rendre sur la tombe de sa
mère, décédée non musulmane (polythéiste précisément), qu'il le fit et versa alors des larmes
(Muslim, 976).
En fait d'après ath-Thânwî, ce que le verset 9/84 interdit, c'est le
fait de se tenir debout sur la tombe de quelqu'un qui est mort
non-musulman pour l'honorer (cf. Bayân ul-qur'ân,
commentaire de ce verset), ou pour demander le pardon de Dieu en sa
faveur. Si cet objectif est interdit en faveur du défunt non-musulman,
il est alors autorisé en faveur du défunt musulman. Wallâhu A'lam.

-
B) Ce qu'il est interdit de faire lors d'une visite à une tombe :

B.1) Demander à l'âme du défunt de réaliser un besoin qu'on a ("Iqdhi hâjatî kadhâ wa kadhâ") :

Cela relève de l'associationnisme (shirk) vis-à-vis de Dieu (lire mon article : Pourquoi peut-on demander son aide à un ami mais pas à un saint défunt ?).

B.2) Demander à l'âme du défunt d'adresser à Dieu telle invocation pour soi ("ud'u-llâha lî") :

Cela n'est certes pas du shirk mais constitue malgré tout une innovation (bid'a) (lire mon article sus-indiqué).

B.3) Faire la prière rituelle pour Dieu mais la faire de sorte que la tombe soit entre soi et la direction de La Mecque :

Le Prophète (sur lui la paix) a dit : "Ne vous asseyez pas sur les tombes et n'accomplissez pas la prière rituelle dans leur direction"
(Muslim, 972). Il a donc interdit de faire la prière (salât) quand il y
a une tombe face à soi dans la direction de la Kaaba (la "Maison de
Dieu", qui se trouve à La Mecque), et ce même si son intention n'est pas
d'adorer la tombe mais d'adorer Dieu. Alî al-qârî a même écrit que si
on a l'intention de se prosterner devant le défunt, alors c'est un acte
d'incroyance, tandis que c'est le fait d'avoir bien l'intention de se
prosterner devant Dieu mais de faire alors sa prière tourné vers la
tombe qui est visé dans ce Hadîth (Mirqât ul-mafâtîh). Anas
avait un jour commencé une prière sans se rendre compte qu'un peu plus
loin, une tombe se trouvait entre lui et la direction de la Mecque :
Omar l'interpella alors pendant même qu'il accomplissait sa prière (Fat'h ul-bârî, 1/679).

B.4) Invoquer Dieu en levant les mains et prendre alors la direction d'une tombe ("raf' ul-yadayn li du'â' illâhi ma'a-t-tawajjuhi nahwa-l-qabr") :

Nous l'avons vu : le seul fait de lever les mains pour invoquer Dieu
dans un cimetière est permis, car le Prophète a invoqué Dieu en levant
trois fois ses mains quand il était au cimetière de Médine (Muslim,
974). Cependant, il ne faut pas prendre la direction d'une tombe pendant
qu'on lève ainsi les mains pour l'invocation, car Abû Hanîfa, Mâlik,
ash-Shâfi'î et Ahmad ont fait une analogie avec le cas de la prière
rituelle disant qu'il ne faut pas faire une prière rituelle (salât) en
prenant la direction d'une tombe (hadîth cité plus haut) : ces grands
ulémas en ont déduit que si on lève les mains pour invoquer Dieu (du'â ma'a raf' il-yadayn), il faut également ne pas rester tourné vers la tombe dont on est venu saluer l'occupant (cf. Al-Iqtidhâ, p. 335-336).

B.5) Accomplir la prière rituelle (salât) pour Dieu et sans prendre la direction d'une tombe, mais accomplir cette prière dans un cimetière :

Le Prophète a dit : "Toute la terre est un lieu pour accomplir la prière rituelle, sauf le cimetière et le hammam" (Abû Dâoûd, 492, at-Tirmidhî, 317, Ibn Mâja, 745, authentifié par Ibn Taymiyya : Al-Iqtidhâ, p. 307). Est concerné par cette règle tout le lieu qui, alentour de la tombe, est nommé "lieu de la sépulture" ("mâ dakhala fi-sm-il-maqbarati mimmâ hawl-al-qubûr") (Al-Ikhtiyâr ul-'ilmiyya, Ibn Taymiyya, cité dans Ahkâm ul-janâ'ïz, p. 274).

B.6) Faire la prière rituelle près d'une tombe, pensant bénéficier ainsi de la baraka du défunt :

Rechercher la proximité d'une tombe pour accomplir la prière
rituelle... D'après al-Baydhâwî, 'Alî al-Qârî, cela est autorisé à
condition que l'on ait vraiment l'intention de tirer personnellement
profit de la baraka du défunt, et non de vénérer celui-ci (Fat'h ul-bârî 1/680 et Mirqât ul-mafâtîh
2/202). Mais Ibn Taymiyya a écrit que ce cas relève aussi de ce que le
Prophète a interdit quand il a dénoncé le fait que certains hommes
avaient fait des tombeaux de leurs prophètes des lieux de prosternation
("ittakhadhû qubûra anbiyâ'ihim massâdjid") : il s'agit tant
d'édifier une mosquée sur une tombe ou de se prosterner sur celle-ci que
de chercher à faire la prière près d'elle (Al-Iqtidhâ, p. 304, pp. 306-307). C'est Ibn Taymiyya qui a raison.

B.7) Se
rendre spécialement près de la tombe d'un pieux personnage pour
invoquer Dieu, pensant que les invocations sont plus acceptées en se
plaçant près de la tombe d'un pieux personnage ("taharri-d-du'â 'inda-l-qabr")
:


Nous avons vu en A.1 et en B.4
qu'il n'y avait aucun problème à invoquer Dieu – même en levant les
mains – dans un cimetière, à condition de ne pas se diriger vers la
tombe. Cependant, se rendre spécialement près d'une tombe en pensant que
les invocations ont plus de chances d'y être acceptées n'est pas
conforme aux principes de l'islam
Nous avons vu plus haut qu'"il est recommandé, quand on se rend près d'une tombe, de saluer son habitant et de prier Dieu pour lui" (Al-Iqtidhâ,
p. 300). Certes. Cependant il y a une différence entre le fait de se
rendre sur la tombe d'un homme, de saluer celui-ci puis de faire des
invocations incidemment ("dhimnan"), et le fait de se rendre
sur la tombe de cet homme avec l'objectif premier d'y faire des
invocations [pour, pense-t-on, bénéficier ainsi de la baraka du défunt
et voir ses invocations être exaucées] : le premier est acte de bien, le
second est une innovation (Al-Iqtidhâ', pp. 310-311, p. 348).

-
C) Se rendre près de la tombe du Prophète à Médine :

Il est tout à fait autorisé de se rendre près de la tombe du Prophète
à Médine et de présenter ses salutations au Prophète : l'objectif est
de présenter ses salutations à celui-ci (Qâ'ida jalîla fi-t-tawassul wa-l-wassîla, p. 97). Ibn 'Awn relate qu'un homme questionna Nâfi' : "Est-ce que Ibn Omar saluait le Prophète dans sa tombe ? – Oui, répondit Nâfi', je
l'ai vu le faire une centaine ou plus d'une centaine de fois : il se
rendait près de la tombe, se tenait debout près d'elle et disait alors :
"La paix soit sur le Prophète ! La paix soit sur Abû Bakr ! La paix
soit sur Omar, mon père !"
(rapporté par Ibn Batta avec une chaîne de transmission authentique : Al-Iqtidhâ, p. 302). "Quand
Ibn Omar revenait d'un voyage [car il habitait Médine], il se rendait
près de la tombe du Prophète, le saluait puis envoyait ses prières sur
lui ; puis il disait : "La paix soit sur toi ô Abû Bakr ! La paix soit
sur toi ô Père""
(rapporté par Sa'îd ibn Mansûr, Al-Iqtidhâ, p. 337).

Cependant, il ne faut pas se rendre de façon abondante près de la tombe du Prophète pour lui présenter ses salutations, car cela contredit le hadîth où le Prophète a dit : "Lâ taj'alû qabrî 'îdan" : "Ne faites pas de ma tombe un Eid" (Abû Dâoûd, 2042). Le terme "Eid"
signifie "fête", mais des ulémas pensent qu'il désigne, d'une façon
plus générale, tout temps ou tout lieu que les gens prennent comme
habitude, moment ou lieu fréquenté souvent ("ittikhâdh ul-makâni 'eîdan huwa-'tiyâdu ityânihî li-l-'ibâda 'indah" : p. 348). Ils traduisent donc ce hadîth ainsi : "Ne faites pas de ma tombe un lieu de célébration".
Ainsi, al-Hassan ibn ul-Hassan ibn Alî, arrière petit-fils du Prophète,
vit un jour un homme qui se rendait souvent auprès de la tombe du
Prophète. Il lui dit : "Toi ! le Prophète a dit : "Ne
faites pas de ma tombe un lieu de célébration. Et envoyez vos prières
sur moi, votre prière ma parviendra où que vous soyez."
Toi et un homme se trouvant en Andalousie sont semblables par rapport à lui [au sujet de la retransmission de la salutation]"
(rapporté par Sa'îd ibn Mansûr, cité dans Qâ'ida jalîla fi-t-tawassul wa-l-wassîla, p. 103, Al-Iqtidhâ, p. 298). Un autre arrière petit-fils du Prophète, Alî ibn ul-Hussein, a tenu des propos très voisins à un autre homme (Al-Iqtidhâ, p. 297). "Toi et un homme se trouvant en Andalousie sont semblables par rapport à lui" signifie
ceci : qu'on se trouve à Médine et qu'on salue le Prophète devant sa
tombe ou bien qu'on se trouve en Andalousie et qu'on adresse des
salutations au Prophète, dans les deux cas ses salutations sont
retransmises au Prophète. En effet, le Prophète a dit : "Dieu a des anges qui parcourent la Terre, me retransmettent la salutation de ma Oumma" (an-Nassâ'ï, 1282) ; "Envoyez abondamment les prières sur moi le vendredi – jour et nuit – ; cette prière que vous envoyez m'est présentée. – Comment te sera-t-elle présentée quand tu seras mort ? – Dieu a interdit à la terre de manger le corps des prophètes" (Abû Dâoûd, 1047).
Ibn Taymiyya écrit : "… C'est pourquoi
Mâlik ibn Anas et d'autres ulémas ont déclaré qu'il était déconseillé
("mak'rûh") pour les habitants de Médine qu'à chaque fois que l'un
d'entre eux se rend à la mosquée il se rende près de la tombe puis salue
le Prophète et ses deux Compagnons. Mâlik a dit : "Cela ne devrait être
fait que lorsqu'on revient d'un voyage ou lorsqu'on part en voyage, ou
autre chose de ce genre." Certains ulémas ont permis que l'on adresse
ses salutations au Prophète quand on se rend dans la mosquée pour
accomplir la prière. Mais avoir l'objectif permanent de se rendre près
de sa tombe pour envoyer ses prières et ses salutations sur lui, je ne
connais personne qui l'ait autorisé, car cela consiste d'une certaine
façon à en faire un lieu de célébration"
(Al-Iqtidhâ, pp. 336-337).

Après avoir salué le Prophète près de sa tombe, il n'y a aucun mal non plus à invoquer Dieu (du'â) (Al-Iqidhâ, p. 335). Cependant, deux précisions sont à faire ici…
La première précision est que, comme nous l'avons vu en B.7,
il y a une différence entre le fait de se rendre sur la tombe du
Prophète, saluer celui-ci puis faire des invocations incidemment (dhimnan), et se rendre sur la tombe du Prophète avec l'objectif premier d'y faire des invocations (Al-Iqtidhâ,
pp. 310-311, p. 348) : le premier est bien, le second est à proscrire,
car en islam il n'existe pas l'idée selon laquelle les invocations
seraient plus exaucées lorsque faites près de la tombe du Prophète.
La seconde chose à préciser ici est que quand on salue
le Prophète près de sa tombe, si on invoque Dieu ensuite, il faut
également se tourner vers la Kaaba et non pas rester tourné vers la
tombe du Prophète. Les référents des quatre écoles juridiques classiques
l'ont précisé (cf. Qâ'ida jalîla, p. 193). On relate certes
que le calife al-Mansûr demanda à Mâlik si, pour invoquer Dieu [après
avoir salué le Prophète], il devait se tourner vers la Kaaba ou bien
rester tourner vers la tombe et que Mâlik lui aurait répondu : "Comment
détournerais-tu ton visage de lui alors qu'il est ton intermédiaire et
l'intermédiaire de ton ancêtre Adam auprès de Dieu le jour du jugement ?
Tourne-toi vers lui et demande son intercession, Dieu te l'accordera…"
. Cependant, la chaîne de transmission de cette parole attribuée à Mâlik est faible, comme le démontre Ibn Taymiyya (Qâ'ida jalîla, pp. 93-94, voir aussi p. 193).

-
D) Des actes liés à la visite des tombes et qui font l'objet d'avis divergents entre les ulémas :

D.1) Réciter le Coran dans un cimetière :

Est-il permis de réciter le Coran dans un cimetière ? Les avis des
ulémas sont divergents sur le sujet : Abû Hanîfa et Mâlik pensent que
cela est déconseillé (mak'rûh), certains ulémas hanafites disent que cela est permis (Al-Iqtidhâ, p. 349).

D.2) Se
rendre sur une tombe en ayant un des deux objectifs permis, cités plus
haut, mais entreprendre spécifiquement un voyage pour cela
:


Le Prophète (sur lui la paix) a dit : "Un
voyage ne doit être entrepris que pour se rendre à trois mosquées : la
Mosquée Sacrée, ma Mosquée que voici et la mosquée al-Aqsâ"
(rapporté par al-Bukhârî entre autres).

Certains ulémas comme Ibn Batta, Ibn 'Aqîl (Al-Iqtidhâ, pp. 303-304), al-Qâdhî 'Iyâdh (Fat'h ul-bârî, 3/85), Ibn Taymiyya et Shâh Waliyyullâh (Hujjat ullâh il-bâligha,
2/543) sont d'avis qu'entreprendre un voyage spécialement pour se
rendre sur une tombe est concerné par ce hadîth et est donc interdit.
D'après ces ulémas, est concerné par ce hadîth tout voyage fait avec un
objectif purement cultuel ("ta'abbudî") et avec l'intention de
retirer une bénédiction d'un lieu précis : cela ne peut être fait qu'en
ce qui concerne les trois mosquées sus-citées. Bien sûr, il n'est pas
interdit de voyager pour la recherche du savoir, l'effort dans la voie
de Dieu, le commerce, etc., puisque cela n'est pas fait pour, en soi, le
lieu précis et avec un objectif purement cultuel. Par contre, disent
ces ulémas, en vertu de ce hadîth il ne faut pas entreprendre un voyage
pour se rendre sur une tombe car l'objectif est purement cultuel et est
lié à la tombe elle-même. Ces savants font donc la différence entre le
fait de se rendre sur une tombe située à proximité – ce qui est permis
et même recommandé tant que l'on respecte les principes que nous avons
vus – et le fait d'entreprendre un voyage avec l'objectif de se rendre
sur une tombe – ce qui est interdit selon l'interprétation du hadîth que
ces ulémas ont faite. Shâh Waliyyullâh écrit qu'il s'agit là d'une
mesure de précaution, et que le fait de voyager ainsi vers une tombe ou
bien vers le lieu où un pieux musulman (walî) a prié, pensant ainsi en retirer des bénédictions, tout cela est inclus dans l'interdiction formulée dans ce hadîth (Hujjat ullâh il-bâligha, 1/543).

D'autres ulémas comme al-Ghazâlî et al-Maqdissî (Al-Iqtidhâ,
p. 304) sont d'avis que ce Hadîth ne concerne que le fait
d'entreprendre un voyage pour se rendre dans une mosquée : cela ne doit
être fait que pour l'une des trois mosquées sus-citées ; par contre,
entreprendre un voyage pour se rendre sur une tombe n'est pas concerné
par ce hadîth et demeure donc permis à condition que l'on ne fasse aucun
des actes interdits par le Prophète (cf. Fath ul-bârî). Cheikh Habîb ur-Rahmân al-A'zamî explique dans son livre Al-Albânî shudhûdhuhû wa akhtâ'uh
pourquoi il pense que c'est bien le voyage vers les mosquées qui est
concerné par ce hadîth : ce dernier signifie que chercher à se rendre
dans telle mosquée avec l'objectif d'y accomplir telle prière ou d'y
faire des invocations ("taharrî masjidin ghayr il-massâjid ath-thalâtha li-s-salâti fîh, aw id-du'â, aw idh-dhikr, aw il-qirâ'ati aw il-i'tikâf")
n'apporte rien, vu que, hormis les trois mosquées importantes
suscitées, les autres se valent par rapport aux récompenses que les
prières y étant effectuées rapportent ; dès lors, entreprendre un voyage
pour se rendre dans une mosquée autre que l'une des trois mosquées
importantes, cela constitue une perte de temps et d'énergie.

Ibn Taymiyya, convaincu du premier avis, a voulu montrer que le second est erroné (cf. Al-Iqtidhâ, pp. 303-304). Cependant, au vu des argumentations, il semble bien que li-l-ijtihâdi fi-l-mas'alati massâgh. On peut donc défendre l'avis duquel on est convaincu, mais on ne peut aller jusqu'à traiter d'"égaré" ("dhâll", "ghayr muwahhid") celui qui est du second avis.

Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).
http://www.maison-islam.com/articles/?p=145


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