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 'Abdullah Ibn Mas'ud

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Myriam
Administratrice fondatrice



MessageSujet: 'Abdullah Ibn Mas'ud   2/6/2014, 20:33

ssssss 


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Myriam
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MessageSujet: Re: 'Abdullah Ibn Mas'ud   2/6/2014, 23:58

 ssssss 




« Celui qui désire entendre le Coran comme il fût révélé dans sa fraîcheur, qu’il l’entende de la bouche d’Ibn Um ‘Abd. »
[ Parole du Prophète Muhammad, rapportée par l’imâm Ahmad dans son Musnad, par Tirmîdhî et Al-Hâkim.]
On l’appelait lbn Um ‘Abd . Alors jeune adolescent, il faisait paître les troupeaux appartenant à un des dignitaires de Quraysh, ‘Uqba Ibn Mu’ayt, dans les sentiers de la Mecque, loin des bruits de la ville. Comme tous les habitants de la Mecque, Abdallah Ibn Mas’ûd, puisque c’est de lui dont il s’agit, avait entendu parler des nouvelles du Prophète qui venait d'apparaître parmi les qurayshites. Mais du fait de son jeune âge et de la vie de solitude qu'il menait, il ne s’intéressait pas beaucoup à de telles informations. Or, sa vie ne tarda pas à être profondément bouleversée par la rencontre de ce Prophète . C’est lui-même qui nous en fait le récit:
«J’étais un jeune adolescent qui travaillait comme berger chez ‘Uqba Ibn Mu’ ayt. Un jour, alors que je faisais paître mes moutons, je vis deux hommes d’âge mûr venir dans ma direction. Une fois devant moi, l'un d’eux me dit, après m'avoir salué : “O jeune garçon, veux-tu nous traire un peu de lait afin d’étancher notre soif ?” Je répondis: “Je ne peux pas le faire, les brebis ne sont pas à moi. Je ne fais que les garder.” Ma réponse sembla leur plaire car je vis la satisfaction se lire sur leur visage. Le même homme me dit alors: “Montre-moi une brebis en mesure de s’accoupler mais que le mâle n’a pas encore approché.” Je lui montrai une petite brebis qu’il prit entre ses mains.
Il essuya ses mamelles de sa main en invoquant Dieu, et voilà que ces dernières s’enflèrent et du lait se mit à se déverser en abondance. Je n’en croyais pas mes yeux. C’était un véritable miracle. Le deuxième homme apporta une roche creuse pour recueillir le lait. Ils burent tous les deux puis me donnèrent à boire. A la fin, l’homme qui avait fait traire la brebis dit à la mamelle : “Reprends ta forme première !” Et je la voyais rétrécir jusqu’à reprendre sa première forme. Impressionné par tant de prodiges, je dis à l’homme qui en était l’auteur: “Enseigne-moi les paroles que tu viens de prononcer.” Il me répondit : “Tu es un jeune garçon initié.” Les deux hommes n’étaient autres que le Messager de Dieu et son compagnon Abû Bakr.»
Ce jour-là, ‘Abdallah Ibn Mas ‘ûd venait de voir le cours de sa vie changer. Lui qui était un simple berger insouciant dont l'univers se résumait aux troupeaux de ‘Uqba Ibn Mu’ayt, voilà qu’il venait de rencontrer l’homme qui allait changer son destin. Mieux encore, cet homme qui accomplissait des miracles, cet homme qui affirmait être envoyé par le Ciel, et dont toute la Mecque parlait, venait de déceler en lui des vertus cachées d’initié, des prédispositions à cette vocation qui s’affirmeront des années plus tard. Le Messager de Dieu savait de quoi il parlait. Ce médecin des âmes avait décelé en ce jeune garçon éveillé et perspicace qu’était Ibn Mas’ûd les signes et les prémices de la sagesse et de la connaissance, en bref, la marque des initiés. L’avenir dira combien il avait raison.
‘Abdallah Ibn Mas ‘ûd ne tarda pas à aller se convertir auprès du Messager de Dieu et à lui proposer de le servir. Ce dernier accepta sa demande, et notre compagnon devint ainsi un des intimes du Messager de Dieu. Il ne le quittera plus de la journée en étant constamment à ses côtés à tel point qu’il fut surnommé le confident du Messager de Dieu. De son côté, l'Envoyé de Dieu avait permis à ce compagnon encore tout jeune d’entrer chez lui à n’importe quel moment et de le côtoyer autant qu’il le voudrait. Cela permit à Ibn Mas’ûd de s’imprégner de la science et de la sagesse dans lesquelles baignait la demeure du Prophète et de devenir l’un des compagnons les plus savants et les plus érudits. Tous les témoignages des compagnons concordent à accréditer cette thèse. C'est ainsi que Hudayfa IbnAl-Yamân a dit de lui:
« Jamais je n’ai vu de semblable au Prophète dans sa guidée, sa modestie et ses traits comme Ibn Mas’ûd. »
Abû Mûsâ Al-Ash’âri a dit, de son côté, en s’adressant aux compagnons : «Ne vous consultez pas dans les affaires de la religion tant que cet érudit est parmi vous. » Comment pouvait-il en être autrement alors que le Messager de Dieu avait dit à son sujet :
« Soyez fidèle à l’engagement d’Ibn Um ‘Abd. »
Cet illustre compagnon qui avait grandi dans la demeure du Prophète et étudié sous sa direction devint, à juste titre, l'un des plus savants et des plus érudits parmi les compagnons, notamment dans la connaissance du livre de Dieu et son interprétation. Sa récitation du texte sacré était tellement agréable que le Prophète lui-même aimait l’entendre de sa bouche. Un jour, il l’appela et lui dit:
«Récite-moi quelques versets ô ‘Abdallah ! »
Ibn Mas’ûd lui dit:
« Je te récite des versets alors que c’est à toi que le Saint Coran a été révélé ? »

L’Envoyé de Dieu lui répondit :
«J’aime l’entendre réciter par un autre que moi.»
Sa parfaite connaissance des textes sacrés était attestée par les plus grands compagnons . Un jour, un homme vint voir ‘Umar , alors calife, et lui dit:
« O commandeur des croyants, je reviens de Kûfa où j’ai vu un homme réciter par cœur toutes les variantes du Saint Coran. » ‘Umar se mit en colère et lui dit: « Malheur à toi ! Qui est-ce ? » L’homme lui répondit :
« C’est ‘Abdallah Ibn Mas’ûd.»
‘Umar se calma dès qu’il entendit prononcer son nom. Il dit à l’homme : «Malheur à toi, par Dieu, je ne crois pas qu’il reste encore un homme qui peut faire cela à part lui. Je vais te dire pourquoi... Un jour, nous étions, le Prophète et moi, chez Abû Bakr en train de discuter des affaires des musulmans. A la tombée de la nuit, le Messager de Dieu quitta la maison et nous le suivîmes dans la rue. En passant devant la mosquée, nous entendîmes quelqu’un réciter des versets du Coran.
Le Prophète s’arrêta et tendit l’oreille. Après avoir écouté quelques moments, il se tourna vers nous et nous dit: “Celui qui désire entendre le Coran comme il fut révélé dans sa fraîcheur; qu’il l’entende de la bouche d’Ibn Um ‘Abd.” »
Ce pieux compagnon disait de lui-même sans aucune vantardise:
« Par Dieu, rien n’a été révélé dans le Coran sans que je n’en sache les raisons. Et personne n’en connaît plus que moi sur l’interprétation. S’il me parvenait que quelqu’un d’autre soit plus savant que moi dans le Livre de Dieu mais vers lequel on ne peut aller qu’à dos de chameau, je n’hésiterais pas à partir à sa rencontre, sans prétendre être meilleur que vous.»
Nous avons vu plus haut combien le Messager de Dieu aimait et estimait Ibn Mas’ûd dont le corps chétif et fragile cachait une foi fervente et passionnée.
Un jour, il monta sur un arbre pour apporter un bâton d’arak au Messager de Dieu. Les compagnons s'aperçurent de la minceur de ses jambes et se mirent à rire. Le Prophète leur dit alors : « Vous vous étonnez de la minceur des jambes d’Ibn Mas‘ûd ? Par Dieu, elles pèseront plus lourd dans la balance de Dieu que la montagne d'Uhud le jour de la Résurrection. » Le Messager de Dieu savait de quoi il parlait en faisant l’éloge de son compagnon. La foi, le courage et la sagesse de cet homme étaient exceptionnels. Une fois devenu musulman, l’ancien berger s’était transformé en un pasteur d’âmes qu’il guidait, par sa science et sa sagesse, sur la voie de Dieu. Il fut, nous dit-on, le premier croyant à oser proclamer à la face des négateurs les vérités de la Révélation :
Les musulmans, fort peu nombreux en ces débuts de la révélation, essayèrent de le dissuader en lui rappelant qu’il n'avait pas derrière lui de clan en mesure de le défendre contre la réaction violente des négateurs. Mais il leur répondit imperturbable: « Laissez-moi y aller. Dieu est avec moi. Il me protégera. » Et il partit vers le parvis de la Ka’ba où se réunissaient habituellement les dignitaires qurayshites. Arrivé devant la station d’Ibrâhîm, il commença à réciter à haute voix le début de la sourate Le Miséricordieux. Les qurayshites le regardèrent étonnés puis, ayant compris ce qu’il disait, ils sautèrent sur lui et se mirent à le battre en s’acharnant sur lui. Ce n’est qu’avec peine qu’il put s’arracher de leurs mains. Le visage ensanglanté, il revint vers les compagnons qui lui dirent : « C’est pour cela que nous avons craint pour toi. » Il leur répondit: « Par Dieu, je ne les crains pas aujourd’hui comme hier. Et si vous voulez que je refasse demain le même geste, je suis prêt à le refaire. » Ils lui rétorquèrent : « Non! Ce que tu as fait est déjà beaucoup. Tu leur as fait entendre ce qu’ils abhorrent.»
Ce courage et cette bravoure, notre illustre compagnon en fera preuve dans toutes les batailles menées contre les païens qui voulaient éteindre la lumière de l’islam. Que ce soit à Badr, à Uhud, à la bataille des tranchées, à Tabûk, à Hunayn, avec le Messager de Dieu ou lors des glorieuses conquêtes en Perse, en Irak et en Syrie, sous les califats d’Abû Bakr et de ‘Umar , il était toujours aux premières lignes, cherchant la voie du martyr. A Badr, surtout, il eut un comportement particulièrement héroïque en prenant part à la mise hors d’état de nuire du plus acharné des ennemis de l’islam : Abû Jahl.
La piété et l’ascétisme de ‘Abdallah Ibn Mas ‘ûd étaient également célèbres parmi les compagnons. S’il n’était pas dans la demeure du Messager de Dieu en train de le servir, il passait le reste de son temps avec les habitués de la Sûfa, parmi les plus pauvres des compagnons , s’adonnant aux actes d’adoration et à l’évocation des Noms de Dieu. C’était un homme à la foi ferme et à la certitude affirmée. En dépit de toutes les vertus qui lui étaient attribuées, il avait toujours des scrupules lorsqu’il s'agissait de citer des paroles du Prophète. Il craignait d'oublier quelque chose ou de se tromper en dépit du fait que le Prophète avait dit à son sujet :
« Si Ibn Mas‘ûd vous parle, ajoutez foi à ses paroles. » Il a dit aussi : « Soyez fidèles à l’engagement d’Ibn Um ‘Abd.»
On rapporte toujours, dans cet ordre d’idées, que ‘Abdallah Ibn Mas’ûd était parmi les personnes dont le Messager de Dieu est mort satisfait. Les califes du Prophète ont manifesté la même confiance et le même respect à cet illustre compagnon. C’est ainsi que ‘Umar l’envoya à Kûfa seconder ‘Ammâr, son gouverneur, avec le message suivant :
« Je vous envoie ‘Ammâr comme gouverneur et ‘Abdallah Ibn Mas‘ûd comme maître religieux et comme ministre. Ce sont deux des meilleurs compagnons du Prophète. Obéissez-leur et prenez exemple sur eux. Apprenez aussi que je vous ai préféré Ibn Mas’ûd sur moi-même. Profitez donc de ses enseignements. »
Les habitants de Kûfa furent tellement satisfaits de sa mission parmi eux qu’ils refusèrent de le laisser partir lorsque
‘Uthmân , alors Calife, voulut le destituer. Ils lui dirent :
« Reste à ton poste et ne le quitte pas ; nous te défendrons contre tout ce qui pourrait t’arriver. » Mais, dans sa grande sagesse, il déclina cette offre en leur disant : « Je dois lui obéir, sinon il y aura des troubles et de la sédition, et je ne veux pas en être responsable.»
Une autre fois, on lui dit que ‘Uthmân faisait une prière de quatre génuflexions à la Mecque et à Mina durant le pèlerinage, alors que le Prophète et ses deux premiers califes Abû Bakr et ‘Umar en faisaient deux. Notre pieux compagnon suivit l’exemple de ‘Uthmân et en fit quatre comme lui. A ceux qui lui demandèrent pourquoi, il répondit : « Parce que les divergences sont source de mal. » C’est dire combien Ibn Mas‘ûd était sage et visionnaire. On aurait dit qu’il avait anticipé ce qui allait arriver à la communauté comme divergences et comme malheurs. Mais, hélas, il ne sera pas là le jour où on aura besoin de sa sagesse et de ses conseils.
Le Seigneur l’avait appelé à Lui. Etendu sur son lit de mort, il reçut la visite de ‘Uthmân venu s’enquérir de son état. Il lui dit: « De quoi te plains-tu ? » Ibn Mas’ûd répondit: « De mes péchés. » — « Qu’espères-tu ? »« La miséricorde de Dieu. » ‘Uthmân lui dit: « Veux-tu que je te verse ton dû que tu as refusé de prendre durant de nombreuses années ? » Ibn Mas’ûd répondit : « Je n’en ai pas besoin. » « Accepte-le pour tes filles. Elles en auront besoin plus tard. » — « Crains-tu la pauvreté pour mes filles ? Je leur ai recommandé de lire chaque nuit la sourate de l'événement (Al-wâqi’a). Or, j’ai entendu le Messager de Dieu dire : “Celui qui récite chaque nuit la sourate de l'Evénement n’aura pas à craindre la pauvreté.” »
À la tombée de la nuit, il rendit l’âme après que son dernier râle se soit confondu avec la prononciation du Nom de Dieu qu’il a tant évoqué en ce bas monde.
{ Ô toi, âme apaisée, retourne vers ton Seigneur, satisfaite et agréée,
entre donc parmi Mes serviteurs, et entre dans Mon Paradis. }
[ Sourate 89 - Versets 27-30 ]
Source : sajidine
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Myriam
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MessageSujet: Re: 'Abdullah Ibn Mas'ud   3/6/2014, 01:05

ssssss 
Autre sujet sur sa biographie 
Ibn Mas'oûd - اِبْن مَسْعُود 


Sa généalogie

Les gens l'appelaient Ibn Umm 'Abd ce qui signifie "Le fils de la mère d'un serviteur" ; son véritable nom était Abdullâh tandis que son père s'appelait Mas'oûd.
Il est issu de la tribu de Houdhayl.
Sa conversion
Un jour alors qu'il veillait sur le troupeau d'Uqbah Ibn Muayt, il aperçut deux hommes d'âges moyens et aux allures vertueuses se diriger vers lui. Manifestement, ils semblaient très fatigués. Ils avaient tellemement soif que leurs lèvres et leurs gorges étaient bien sèches. Ils s'approchèrent de lui, le saluèrent et lui dirent :

- "Jeune homme, peux-tu traire une de ces brebis pour nous afin que l'on puisse étancher notre soif et reprendre quelques forces"?

- "Mais je n'y suis pas autorisé" répliqua le jeune garçon et de poursuivre : "Les brebis ne m'appartiennent pas, ma responsabilité ne se limite qu'à leur garde".
Les deux hommes n'ont alors pas chercher à argumenter avec lui, malgré leur forte soif ; ils furent ravis de cette franchise spontanée, et la satisfaction s'exprima sur leurs visages... 
Ces deux hommes étaient le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) lui-même et son compagnon Abou Bakr As-Siddîq (que Dieu l'agrée). Ce jour-là, ils avaient emprunté les pistes montagneuses de La Mecque pour échapper aux violentes persécutions orchestrées par les Qouraychites.

Le jeune garçon fut impressioné par le Prophète et de son compagnon, et, très vite, il s'attacha à eux. Il ne tarda pas à embrasser l'islam et se proposa d'être au service personnel du Prophète.
J'étais le sixième de six, dit-il, et il n'y avait pas sur terre d'autres musulmans que nous.

Son prêche dans la voie de Dieu

Un jour alors que les compagnons du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) étaient rassemblés à La Mecque en nombre limité, affaiblis et opprimés, ils dissertaient sur le fait que les Quraïshites n'avaient toujours pas eu l'occasion d'écouter la récitation du Coran d'une façon publique et à haute voix.
- "J'irai le leur réciter" ! dit Abdullâh Ibn Mas'oûd alors volontaire.
- "Mais nous craignons qu'il ne t'arrive quelque chose" ! lui dirent-ils. Nous préférerons une personne appartenant à un clan susceptible de le défendre contre leurs attaques.
- "Accordez-le-moi", insista Abdullâh Ibn Mas'oûd qui invoqua Dieu en ces termes : "Dieu protége-moi et garde-moi de leur mal".
De ce pas, il se dirigea vers la Mosquée jusqu'au niveau du Maqâm d'Ibrahim soit à quelques mètres de la Ka'bah.
Pendant que le disque solaire commençait à illuminer la Ka'ba autour de laquelle les Quraïshites s'étaient dispersés, Abdullâh alla se placer à hauteur du Maqâm et commença alors sa récitation de sourate Ar-Rahmân....
Pendant qu'il enchaînait les versets les Quraïshites tendirent l'oreille attentivement, puis s'interrogèrent : "Qu'est-ce que Ibn Umm Abd est en train de raconter ? Malheur à lui ! Il est en train de réciter ce que Muhammad a apporté !"
Il se jetèrent alors sur lui et une pluie de coups s'abattit sur son visage. Cependant, cette agression ne l'empêcha pas dans sa constante récitation jusqu'à ce qu'il retourna auprès de ses compagnons, le visage tout ensanglanté.
- "C'est ce que nous craignions pour toi" ! dirent-ils.
- "Par Dieu", dit Abdullâh, "les ennemis de Dieu n'étaient pas plus à l'aise que je ne l'étais à ce moment précis. Si vous le souhaitez, je recommence demain".
- "Tu en as déjà fait assez", répondirent-ils, "tu leur as fait écouter ce qu'ils détestent".


Sa science

Un homme interpella 'Omar Ibn Al-Khattâb qui se trouvait alors dans la plaine d'Arafat : "Ô Commandeur des Croyants ! je reviens de Kûfah [cité irakienne] où un homme est en train de retranscrire le Coran en se basant sur sa mémoire".
'Omar se fâcha et, tout en fumant de colère, entreprit les cents-pas auprès de son chameau.
- "Quelle est l'identité de cet homme ? demanda 'Omar.
- "Abdullâh Ibn Mas'oûd", répondit l'homme.
Alors la colère de 'Omar s'estompa et il retrouva son calme.
- "Malheur à toi, dit-il à l'homme, par Dieu, je ne connais aucun homme qui ne soit aussi doué dans cette matière que lui. Une nuit le Messager de Dieu - Que la Paix soit sur lui - était en train de s'entretenir avec Abou Bakr au sujet de la situation des musulmans, moi-même j'étais avec eux. Lorsque le Prophète décida de partir, nous l'avons aussi raccompagné. Nous avions traversé la mosquée où se trouvait un homme debout en pleine prière que nous n'avions [au départ] pas reconnu. Le Prophète s'était alors arrêté afin de l'écouter puis il se retourna et [nous] dit : "Quiconque désire réciter le Coran dans le même style de splendeur lorsqu'il était en train d'être révélé alors qu'il le récite dans le même style de Ibn Umm 'Abd".


Après sa prière 'Abdullâh s'était assis et commença à faire ses invocations, puis le Prophète - Que la Paix soit sur lui - dit alors : "Implore et tu seras excaucé, implore et tu seras exaucé". 'Omar poursuivit : "Je me suis dis que je devais absolument voir Abdullâh Ibn Mas'oûd pour lui annoncer l'heureuse nouvelle que venait de prononcer le Prophète à son sujet, je voulais lui dire que ses invocations étaient exaucées. C'est ce que j'allais faire mais je me suis rendu compte que Abou Bakr m'avait devancé et lui avait annoncé la nouvelle. Par Dieu, je n'ai jamais encore réussi à devancer Abou Bakr lorsqu'il s'agit de réaliser une bonne action".
Il a dit une fois : "Par Lui, en dehors Duquel il n'y a nul Dieu, aucun parmi les versets révélés du livre de Dieu ne me sont connus sans que je sache le lieu et les circonstances dans lesquelles leurs révélations s'étaient prononcées. Par Dieu, si je m'aperçois qu'il existe une seule personne qui puisse en connaître davantage sur le livre de Dieu, de toutes mes forces je ferai en sorte de ne pas la lacher".
Une fois au cours d'une de ses grandes sorties en tant que Calife, 'Omar Ibn Al-Khattâb croisa une caravane que l'obscurité de la nuit empêchait de distinguer convenablement. 'Omar ordonna à l'un de ses membres de saluer la caravane et il se trouvait que Abdullâh Ibn Mas'oûd en faisait partie…


- "D'où venez-vous" ? interrogea 'Omar.
- D'une vallée très profonde [fadj 'amîq], répondit la caravane. ("fadj 'amîq" est une expression coranique).
- "Et où allez-vous comme ça" ? demanda 'Omar.

- A l'Ancienne Demeure [bayt 'atîq]", fit de nouveau écho la caravane ("al-bayt al-'atiq" est une expression coranique).

- "Une personne savante ('âlim) doit très certainement vous accompagner", dit 'Omar qui chargea un homme de demander à la caravane : "Quelle partie du Coran est la plus majestueuse" ?

{Allâh, point de divinité à part Lui, le Vivant, Celui Qui Subsiste par Lui-même. Ni sommeil et ni somnolence ne Le saisissent, […]}, répondit l'interrogé, citant par-là le verset du Trône. (2/255).

- "Quelle partie du Coran est la plus limpide en terme de justice" ?
{Certes, Dieu commande l'équité, la bienfaisance et l'assistance aux proches ...} (16/90), répliqua toujours l'interrogé.

- "Quel est l'un des principaux enseignements du Coran" ?
{Quiconque fait un bien fût-ce du poids d'un atome, le verra, et quiconque fait un mal fût-ce du poids d'un atome, le verra.} (99/7-8)

- "Quelle partie du Coran met en exergue un formidable espoir" ?

{Dis : "Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu. Car Dieu pardonne tous les péchés. Oui, c'est Lui le Pardonneur, leTrès Miséricordieux}. (39/53)


- C'est là que 'Omar demanda : "Abdullâh Ibn Mas'oûd ne serait-il pas parmi vous" ?
- Par Dieu, oui, répliqua l'homme de la caravane.
Notre maître 'Abdoullâh Ibn Mas'oûd fut grandement influencé par la méthodologie de notre maître 'Omar Ibn Al-Khattâb dans la recherche, la déduction subtile des lois, l'Ijtihâd par l'opinion dans l'absence d'un texte duCoran et la Sounna, avec une grande rigueur dans l'authentification du Hadîth.

Son émigration à Koufa en Irak
'Abdoullâh Ibn Mas'oûd s'installa dans la ville de Koufa après sa construction sous le Califat de notre maître 'Omar Ibn Al-Khattâb, que Dieu l'agrée, en l'an 17 A.H.


Ses élèves
Parmi les plus remarquables des disciples d'Ibn Mas'oûd, que Dieu l'agrée, nous pouvons citer des juristes brillants comme 'Ubaydah Ibn Qays As-Salmâni, 'Alqama Ibn Qays An-Nakh'i au sujet duquel son sheikh, Ibn Mas'oûd dit : "je ne connais une chose sans que 'Alqama la connaisse ".
De même nous pouvons citer Shurayh Al-Kindi qui présida la Justice à Koufa sous le Califat de 'Omar, et occupa cette fonction pendant 62 ans.
Sa mort (32 H.)
Abdulla Ibn Mas'oûd vécut jusqu'au Califat de notre maître 'Othmân (que Dieu l'agrée). Lorsque la maladie s'était emparée de lui, 'Othmân lui rendit visite :


- "De quel mal souffres-tu" ?


- Mes pêchés.
- Que désires-tu maintenant ?
- La Miséricorde de mon Créateur.
- Puis-je maintenant te remettre le bien qui te revient et que tu n'as cessé de refuser depuis des années ?
- Je n'en ai guère besoin.
- Laisse-le au moins à tes filles.
- Craints-tu que mes filles connaissent la pauvreté ? Je les ai toutes exhortées à lire la sourate [al-Waqi'a] (l'Evénement) chaque nuit parce que j'ai entendu le Prophète dire : "Quiconque lit al-Waqi'ah chaque nuit sera immunisé contre la pauvreté pour toujours".

En cette nuit, Abdullâh retourna auprès de son Créateur, avec dans son esprit le souvenir de Dieu et la récitation des versets de Son Livre.
Il fût enterré au Baqi'.




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